vendredi 25 juillet 2008

Interview clubbing de Romain Duris - publié dans Trax en mars 2005

Texte : Violaine Schütz

ROMAIN DURIS
Le péril club

Peu d'acteurs cristallisent leur génération, mais Romain Duris, en l’espace de quelques films a su s’imposer comme un symbole du jeune homme branché et déjanté… peut être parce qu’il n’a pas renoncé à faire la fête.

Romain Duris aurait pu se cantonner aux rôles d’ado rebelle (on l’a découvert dans Le Péril Jeune de Klapich, où il mourait d’une overdose) mais il a très vite étendu son registre, jusqu’à incarner Arsène Lupin. A l’affiche du nouveau film de Jacques Audiard, De battre mon cœur s'est arrêté (à la BO épatante) il nous accorde, ravi, une interview clubbing, avouant même qu’il lui arrive de prendre les platines, de temps à autre.

Ton premier souvenir de soirée ?
La boîte de sports d’hiver des Contamines Montjoie à 13 ans, quand on suit le grand frère et qu’on boit trop de vodka. C’était grand. Je crois qu’on tend à retrouver l’esprit de ces boîtes de nuit avec la boule à facette au plafond dans les capitales. Il y a des endroits très branchés à Paris qui me rappellent les boîtes de ski. En général c’est bon signe. Ca signifie que je m’y sens bien.

Ton meilleur souvenir ?
Dernièrement on était à Berlin avec Jacques (Audiard), et on a dansé en haut d’une tour qui s’appelle le Fünf à Alexanderstrasse. Des DJ’s super puissants envoyaient du super son. (Les DJ’s sont meilleurs à Berlin qu’à Paris.) C’était au 12ème étage, on voyait, des baies vitrées, des petites voitures sur des routes immenses et enneigées rappelant celles de la Roumanie ou de la Russie.

Où sors-tu?
Au Baron, au 9 Billards, au Nouveau Casino, mais l’ambiance ne dépend pas du lieu. En général je n’aime pas prévoir le lieu à l’avance. Ce qui est bien, c’est quand on va dîner au restau avec des potes, qu’on se dit : « Allez on bouge », et qu’on se retrouve quelque part par hasard. C’est notre état et pas le lieu qui fait la fête.

La meilleure musique pour faire la fête?
Un mélange de techno et de funk, avec de grosses basses. Là je viens de voir Ray, le film sur Ray Charles, et même si c’est populaire, le son groove, le gospel décalé par Ray donne envie de danser. Le funk est la musique la plus festive, la plus efficace.

La musique que tu écoutes en travaillant ?
Le vieux hip-hop (Public Enemy, Jungle Brothers, Tribe Called Quest) car il a un côté « marche » qui m’aide à travailler : il avance ! Gangstarr, DJ premier, balance des samples, l’air de rien, et on peut se concentrer sur autre chose. Puis le riff nous prend, et nous sort du boulot. Le début est discret, et puis d’un coup on se dit : « Mais putain, ce que j’écoute depuis tout à l’heure, c’est incroyable ». Il y a une puissance rentrée dans le hip-hop.

Le dernier album qui t’ait séduit ?
Le Mos Def. Sinon, je ne me souviens pas des noms. J’ai des périodes où je passe mon temps à aller dans tous les disquaires de mon quartier, écouter des tas de maxis sur place, dont je ne retiens pas les noms. Dès qu’il y a une bonne basse, j’achète.

Ta boisson favorite ?
Le vin rouge et la Vodka (pas ensemble).

Ton truc contre la gueule de bois ?
Qu’on me foute la paix.

Les DJ’s que tu apprécies ?
Philippe Zdar, Boombass, 2 Many DJ’s, Thomas Bangalter, Cut Chemist, DJ Shadow. J’adore la façon dont Shadow utilise les samples, récupère des vieux funk. Ses deux DVD’s sont impressionnants.

Ce qui transforme une fête en évènement inoubliable ?
Ce qui émane des gens. C’est ce qui explique qu’en Allemagne ou en Espagne, on s’éclate plus. Qu’est ce qu’on se regarde à Paris ! C’est fou !

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