dimanche 21 février 2010

Interview de Florence + The Machine - Article publié dans le TSUGI n°21


Texte de Violaine Schütz

Florence + the machine

Coffre fort

A l'heure où l'on devient énorme en un clic sur hypemachine et un lift autotune, Florence+The machine, jeune anglaise de 22 ans à la voix surpuissante et à la personnalité extravagante, pourrait bien tout rafler. Apprenons donc (presque) tout du cœur qui bat derrière la machine avant qu'on ne puisse plus l'arrêter.

La nouvelle sensation anglaise féminine

Après La Roux et Little Boots, c'est la jeune Londonienne Florence Welsh qui régne sur l'Angleterre, enchainant les couvertures des magazines (The Fly, Guardian, The Guide) et les posts de la blogosphère. Comparée tour à tour à Bjork, Pj Harvey, Kate Bush, Bat For Lashes, Minnie Riperton, Tori Amos et même Aretha Franklin, elle a déjà tourné avec MGMT, Friendly Fires, White Lies et Glasvegas et fait la première partie de Blur pour leur retour sur scène à Manchester en juin dernier. Et avant même que son premier album, Lungs, ne sorte, elle bénéficie du soutien de la BBC et a remporté un brit awards. Bref, la machine est déjà en marche.


Encore une ado

Après avoir écumé toutes les vidéos youtube live de Florence+The Machine, où l'on peut voir une tornade rousse en robe vintage jouer les divas, on est étonné de rencontrer à la terrasse de l'hôtel où elle effectue, tel une torture, sa journée promo, une Florence très juvénile et « ado dans le doute ». En hoodie à capuche et jupette, tout en noir jusqu'aux ongles peints (et rongés), acnéique, blanche comme un caché d'aspirine et peu souriante, la demoiselle se plonge toutes les pauses dans un épais livre de science fiction. « Je suis un peu geek » avoue-t-elle, d'entrée de jeu. Doit-on comprendre « no life? ». En tout cas, on a rarement connu plus sympathique en interview depuis...Amy Winehouse. Elle ira loin, donc.


Goth

Chez Florence, le vernis noir n'est pas une posture. « J'ai un tempérament extrêmement angoissé, je suis quelqu'un de très effrayée et d'extrême dans mes sentiments. Mes paroles fonctionnent comme une catharsis. J'exorcise ce dont j'ai peur, j'essaie de comprendre les choses, de parler de mes chagrins, de raconter mes cauchemars, mon premier gros échec amoureux qui a eu lieu il y a peu, mais de façon intemporelle car on se fout un peu de ce qui se passe tous les jours. J'ai écrit mes premières chansons à 17 ans, et j'en ai 22 aujourd'hui, mais on peut pas vraiment dire que j'ai grandi entre temps. » Dans le genre Mercredi Addams, Florence s'est également illustrée avec la première installation qu'elle a présenté aux Beaux-Arts de Camberwell (au sud de Londres) : un panneau floral portant l'inscription : « Je suis conne ».


Clubbeuse née

A13 ans, la mère de Florence emménage avec un voisin et ses trois enfants, le drame pour Miss Welsh ! « C'était une sale période, je passais tout mon temps à écouter de la musique à fond et à danser. Je trainais avec des punks, et je jouais dans un groupe intitulé The Toxic Cockroaches. J'ai toujours été dans un groupe à l'école, et j'ai toujours été bizarre. Vers 14-15, j'utilisais une fausse carte pour aller dans les clubs de Londres. J'ai beaucoup dansé sur le morceau « You've got the love » de The Source à ce moment là, que je reprend sur l'album. J'adore l'euphorie et la dimension droguée de la musique de club, et j'adore danser. Avec mon père on dansait sur n'importe quoi quand j'étais petite. Il avait des disques de Love, des Smiths et du Velvet. Je crois que je peux me trémousser sur n'importe quoi! » A ce sujet, il faut absolument voir, sur youtube, Florence danser comme une dératée sur du Beyoncé.


De sacrés poumons

« Lungs » n'est pas un titre à prendre au hasard. « Ça fait référence à la respiration, la chose la plus importante quand on chante ». Et sa voix, Florence, l'a trouvé depuis longtemps. « J'ai commencé à chanter à l'église petite, comme plus mauvaise choriste de la troupe, mais j'ai toujours su que je voulais faire ça. Je bossais dans un bar pendant un an aux Beaux Arts, c'était assez schizophrénique, je n'arrivais pas à faire de la musique à ce moment là, je passais juste mon temps à me bourrer la gueule et je récupérais en dormant dans une installation sous le bar. Je n'ai tenu que parce que je pensais à faire quelque chose un jour. »


Bien entourée

Entre indie et mainstream, coffre soul et mélodies pop, le (gros) son de Lungs est l'oeuvre de l'association de James Ford (Arctic Monkeys, Simian Mobile Disco, Klaxons), Paul Epworth (Bloc Party, Primal Scream, Friendly Fires) et Steve Mackey (Pulp, M.I.A.) à la production. La sainte trinité a transformé les démos « bancales, cheap et fragiles » (dixit l'intéressée) de Florence en une formidable machine à danser capable de conquérir les radios et les cœurs du monde entier.


Eclectique

A l'image de la nouvelle Angleterre et de sa pop décomplexée (on pense à Micachu et Jack Peñate), Florence se revendique de musiques diverses et variées n'hésitant pas à utiliser de la harpe sur son disque ou des claviers. « En ce moment j'écoute en boucle the XX (qui ont remixé ma reprise de « You've got The Love », The Big Pink, The Horrors. Il se passe pas mal de choses intéressantes à Londres en ce moment. Mais j'aime aussi My Bloody Valentine, Sam Cooke, Dusty Springfield, Fuck Buttons et les Liars. » Flo est une fille de goût, en somme.


Lungs (Island/Universal)

www.myspace.com/florenceandthemachine


1 commentaire:

Elen Huynh a dit…

Merci, un article intéressant. bise